L’amour vacant.
Ce qui demeure. Ce qui reste. Quand la vie a tout épluché.
Quand la mort n’a pas épargné. Un bouquet d’amour, de fleurs sauvages.
Des vagues d’amour, les marées immenses du dernier jour.
L’oiseau se cogne sur le miroir aux alouettes de l’amour. Son bec et ses dents se lissent sur le papier de verre. Son oeil trempe dans l’eau du miroir.
Jusqu’à ce que l’oiseau disparaisse, jusqu’à ce que l’oiseau transparaisse, jusqu’à ce qu’une nuée de plumes arc en ciel volent autour d’un lac miroir d’amour.
L’amour comme des vacances, des vacances prises de façon définitive.
A quoi bon rechercher des graines d’affection et de reconnaissance si c’est pour nourrir la forêt de nos souffrances ? A quoi bon vouloir à tout prix donner de l’amour aux autres, quand naturellement, à leur rencontre, nous porte le mouvement d’aimer ?
Chercher de l’amour, mon amour, des amours… et faire, comme dans les usines, faire l’amour en fer forgé, en fonderies aux larmes d’acier. Un peu, beaucoup, passionément, à la folie… et puis l’amour pas du tout. L’amour sans recours. L’amour qui tranche avec le fil de l’épée, l’amour qui n’a cure d’être aimé, l’amour flamboyant en un chant solitaire, inespéré, et qui se repose à sa source, le coeur tranquille, apaisé.
L’amour comme des vacances de ne plus être attaché à aimer : à aimer haïr, à aimer emprisonner, à aimer s’emprisonner, à aimer dormir, à aimer s’affairer, à aimer courir, à aimer oublier que seul l’amour est là, juste à côté de soi.
Des vacances comme un feu d’amour qui brûle tout dans la maison, qui brûle toute la maison, et qui sourit, libéré, en soufflant sur un petit tas de cendres. Un enfant y joue au sable blanc.
Au désert d’amour.
Oui, on n’est content qu’au désert, là où les mirages sont d’avance reconnus comme des mirages et où l’on sait le caractère fragile et précaire, évanescent, des oasis de passage. Et l’amour est présent au désert, car il n’y a rien d’autre que le soleil brûlant, et qu’on y a soif, réellement : on ne triche pas au désert.
Le désert, vous y perdez votre femme, votre homme, vos chameaux, votre sourire, et vos larmes. Vous les perdez car ils vous remontent à la gorge et débaroulent d’un coup, comme cela, en grosse pluie d’amour sur le sable, sur les pétales des roses des sables si longtemps enfouis de dunes, si longtemps cristallisées de sel.
Le désert, une dune vient subitement vous y enfouir, avec votre camion et sa citerne, une tonne de sable sur un caméléon, et les empreintes de vos pas fragiles, quand vous songiez encore à y faire carrière, au désert.
Le désert, si vous l’aimez, vous y savourerez le scorpion, vous y goûterez la sauterelle et vous vous y tapirez avec un fennec de la nuit, derrière un rocher, que viendra en temps voulu, éclaté une étoile.
Le désert, allez-y et emmenez-y vos enfants, et répartissez vous-y aux quatre coins de la rose des vents : je ne vous souhaite pas mieux, car je ne vous souhaite pas pire.
Et s’il en ait qui reviennent avec la peau fripée, et les os qui saillent sur les côtés comme de nouvelles dents… c’est peut-être aussi que leurs yeux se seront agrandis du volume de la nuit, que la lumière de galaxies entières couvent maintenant dans leurs âmes, et que le sirrocco a séché la fumée dont les villes d’hier les empestait.
Dans chaque pore de peau de ces enfants nouveaux frissonne un parfum de rose, et tout un jardin frémit dans le creux de leurs mains.
D’ailleurs en reposant longuement son oreille sur les sables, on entend comme un bruissement, un grondement léger, profond, et sourd :ce sont des pointes de quartz qui commencent à éclore en rose de lumière.
Des noces s’accomplissent à l’insu de la poussière de nos yeux. Des cellules de sang s’ouvrent à des champs radieux. La matière crie sous les bombes radiantes, mais chante sous l’amour en cascade abondante. Les atomes dansent, vous savez, une danse nuptiale à faire rêver n’importe quel isotope, une danse à se défaire de tous les rêves de puissance et à enterrer soigneusement son crâne tuméfié de rationnalité - pour la postérité archéologique … -, tout en souhaitant du plus profond de son coeur que jaillisse à sa place une fontaine de roses, une orangeraie d’héliotropes, des lotus de lunes, des lotus de lys, ou à la rigueur rien que quelques grains de sable et de silice, brillant sous le soleil comme une mer lisse.
Car on joue sa peau au désert, et au bout du compte, on la perd. On perd ses peaux au désert, on perd ses paupières. On finit par avancer les yeux grands ouverts, ravi de béatitude, tout en marchant le coeur à vif, avec des cadavres rampants, et en chantant un air à vous envoûter des éléphants. Les éléphants apprenent au désert à sortir de leur cimetière aux trop grandes défenses, ils apprenent à suivre la fée, à devenir caravanes aux oreilles d’étoile. Chacun apprend au désert.
Car l’on rampe dans le désert, l’on souffre, l’on crache sa mort, l’on crache ses mille morts aux serpents sornettes qui n’arrêtent pas de tortiller leurs venins incestueux, au béant étouffement des boas près des mares aux baobabs bourrés de leur bombance, aux haines des aspics aux six aspects et aux serpents de foudre, aux cobras qui ont commencé à se relever, face auxquels on hésite, entre le rugissement et le baiser du cobra, le baiser à Judas…
La souffrance au désert, la souffrance, enfin, d’abord, et surtout. Presque surtout. Pas tout à fait. J’entends un rire féroce secouer les tremblements de la souffrance. Je sens une joie terrible nous transfiguré de charnier en charnier. Une joie tranchante à ouvrir une masse de rideaux de brume, un rire chirurgical dans la confusion organique, un rire à fendre la banquise, à en libérer des baleines d’humour sans parapluie, un rire inouï d’Inuit, à vous faire oubliez qui vous êtes, à vous faire oublier que vous êtes. Quoi ? Au fait ? La faiblesse que nous avons de croire être, de nous y croire comme on dit, avec la souffrance et son papier maladie comme certificat d’existence…
Quand vous n’avez plus rien à manger, plus rien à boire et que vous êtes, seul, au désert : qu’est-ce que vous faites ? Eh bien vous respirez tout votre saôul, vous filtrez le sable de vos dents et mâchez l’air très lentement, en savourant sa force de vent. Et puis vous mourrez. Vous mourrez jusqu’à ne plus avoir soif, ne plus avoir faim, jusqu’à être tellement repu de mort, que vous pouvez enfin envisager de vivre .
Le désert, c’est quand vous tombe tous vos osselets des mains et que vous restez là, seul, pantelant, fièvreux, sur un lit de pierre, dans une tempête de sable, en appelant votre mère - même si elle est morte depuis longtemps, vous la ressuscitez dans la tempête - et vous êtes recroquevillez en foetus, en voulant disparaître une bonne fois pour toutes avec le sable ; mais voilà, on ne fait pas ce qu’on veut dans le désert, le sable agit lentement, et au désert, il faut savoir prendre son temps.
Vous mourrez jusqu’au point où le désert et vous serez devenus un, où les caravaniers passants ne verront plus de différence entre vous et les dunes et vous traverseront, ils marcheront simplement. Quelle impression auront-ils ?
Celle d’un mirage ou celle d’un miroir, celle de l’erg et du reg, celle du grain de sable-étoile, celle du désert, de ses nuits glacées et de son thé brûlant dans l’oued. Ils n’auront en fin de compte nulle impression de vous, nulle impression de plus que cette chaleur invisible et brûlante, ce coeur ardent du désert.
On veut vivre certes. On ne vit pas et on veut tout de même. Y croire comme le on dit. A quoi ? A la vie. C’est quoi ? On ne sait pas. Mais on la veut. Sinon on commence à se poser des questions et on désespère. Pas drôle ça, pas vivant. Ca, c’est le désert. Implacable et sublime désert. Ce qui veut y vivre, y meurt. Vouloir vivre, c’est être un oeuf, ce n’est pas vivre. Et au désert, un oeuf, ça pète ou c’est bouffé et ça n’a pas le temps de se rendre compte de son erreur. C’est ainsi, ici. Seule la pleine vie est pleinement respectée au désert. Celle d’une présence complète au présent et que peut tuer un seul instant de distraction.
Voilà ce qu’on y apprend au désert : à vivre. Et la vie, ça ne se veut pas. Ca vient, ça part, ça surprend à la fin, au départ, mais ça n’est pas fait pour s’y accrocher, ça n’est pas fait pour être désiré la vie. Ca s’accueille comme une poignée de sable, ça se donne en poignée de vent, ça se partage en poignée d’eau et ça n’a pas de porte d’entrée, et ça n’a pas de poignée de sortie. C’est tout, sauf ce qu’on s’imagine la vie. Ce n’est rien, rien de ce qu’on voit, rien de ce qu’on croit.
Au désert, sous la chaleur, le sable est blanc…
Et il y a un moment, où après tant de souffrances, et sous l’effet de la chaleur, votre coeur y éclate comme une roche qui rencontre un météorite. Il y a un moment où c’est la mousson qui monte dans vos yeux, où vous vous sentez l’âme d’une rivière fulgurante et féconde, comme il en apparaît après la saison des pluies, trombe d’eau venant noyer toute cette sécheresse : vos yeux deviennent les deux vastes embouchures d’un fleuve fertile.
C’est toute l’enfance qui jaillit des yeux et de la gorge, d’avant que vous ne tombiez dans la gueule du loup, la gueule du loup qui vous a pris à la gorge, et qui vous a fait si longtemps tenir ce sourire d’adulte masqué, cachant les catastrophes du coeur et les plaies béantes oubliées.
C’est la prairie de sable rose qui se surprend soudainement violette, c’est des transes de paturâges qui viennent transpirer dans votre sang chlorophylle à enfanter des moutons verts, c’est des cascades à vous défriser de votre air de fosse sceptique, c’est la lumière qui vient se bander en 7 couleurs en votre coeur et se relier à l’arc de l’univers, dont vous êtes la flèche, dont vous êtes la cible et l’intervalle instantané qui vous est imparti pour dire pleinement ce simple et unique mot : oui.
Dans le désert, tu es cet enfant qui joue au sable blanc.
L’amour, manifeste.
L’enfant fait des châteaux de sable en riant, il creuse des escaliers, sculpte la pierre et le ciment, plonge ses mains dans la glaise, trempe ses cheveux dans le torrent, forge des épées de métal brillant, bêche la terre de sillons ardents, dans les champs de fleurs, et sème quand il fait grand vent.
L’enfant sent la montagne et l’océan, il est proche du sanglier, de la biche et du faon.
L’enfant est enfant de l’illusion. On lui confie des songes qu’il accouche en signes, on lui donne des éponges qu’il guérit en effaçant, et le reste du temps il souffle sur le lac des cygnes, où des bulles de savon transparentes et lumineuses s’envolent avec le vent, et où il ne désespère pas de pouvoir lisser l’eau du lac avec le temps.
L’enfant fait et rit, l’enfant féérie. La fée de l’enfant fait qu’il est dans ce qu’il fait. C’est l’amour qui fait l’enfant. L’enfant est un abandon à l’amour. L’adulte est une pâte molle qui attend d’être pétri. L’enfant est au coeur du pétrin, un don au brasier de l’amour, un plongeon attentif à la lumière incandescente du four. Et l’enfant se lève dans ce feu de l’amour qui le soulève.
La demeure de l’amour est un enfant assis, dont les yeux sont baignés de lumière. Et l’amour vient, avec ses bras de fleuve, avec ses ondées inondantes, plongeant en l’enfant comme un nouvel océan, avec en vision d’à venir, le surgissement inattendu d’un dauphin bondissant de cet océan.
Pendant ce temps, l’enfant dit à son coeur des mots secrets que seul son coeur comprend. Son coeur lui répond par des silences. Et l’enfant est content.
La chute de l’amour.
Que dit le silence au coeur de l’enfant ? Et sous la cascade joyeuse, derrière le brouhaha de l’amour, quoi ? Un murmure de source ? Un son inextinguible de geyser jaillissant ? Un appel languissant ? Le cri d’un dieu boîteux ? La suffocation d’une étoile les rayons pris dans une masse d’organes?
L’enfant, ce roi sauvé avant d’être décapité dans l’oeuf, est fauché à la première herbe de printemps coupée, tué par le premier on dit, au premier haussement d’épaules, au premier regard oblique, au premier signe fatal d’une faiblesse quasi congénitale, atavique. A force de voir répéter ces bercements du berceau où s’efface le cerceau et s’entend une main qui ment, l’enfant, lui, s’éveille et crie.
Après ce cri, l’enfant n’entend plus grand chose. Plus grand chose, c’est à dire presque rien. Le bruit de la haine restante dans l’oubli de la musique de l’amour vacante. Le pourrissement de l’être sur les bancs d’école du néant. Et puis à la fin de la fermentation, l’éclosion boutonneuse de l’adolescence, les derniers râles d’une feinte innocence et le pénible hallali de la bête traquée et révoltée, que l’on achève de castrer et d’égorger, dans la chasse à courre des facultés.
Enfin, à la sortie, un adulte.
Immature, amoli, certes parfois marié, travaillant, gagnant de l’argent ou n’en gagnant pas, faisant ce qu’il peut ma foi, devenu sérieux et raisonnable, avec tout de même le rêve d’avoir des enfants, ou d’en être un, ça dépend, mais fier dans toute sa splendeur d’adulte responsable, ou honteux dans toute sa splendeur d’adulte chômeur, ça dépend et cela revient au même finalement.
C’est un fameux trois mâts fin comme un oiseau, ho hisse et ho, jocrisse est haut, matelot…
Bon, mais après tout, ce n’est pas une mince affaire que de gagner sa croûte. Gagner sa croûte pour sauver sa peau. La peau qui est juste en dessous de la croûte. Et sauver sa peau pour défendre son bifteak. Le bifteak qui est juste en dessous de la peau. Tout ça pour ne pas avoir la peau sur les os. Tout ça pour ne pas l’avoir dans l’os. Tout ça avec la peur au ventre de tomber sur un os. Des fois qu’on serait sucé jusqu’à la moelle. Substantifiquement. Comme dirait un scientifique qui n’a pas compris Rabelais.
Et pourtant, et pourtant. Quelquefois, quelques nuits, un miroir se promène dans les rêves qu’on oublie et vient refléter une tristesse au matin, une larme au coeur chagrin, une pointe de douleur qui perce le jour de sa candeur.
C’est à partir de là que s’écrivent les romans fleuves, à partir de cette larme là. Une fable nous suffira. La fable du miroir. La fable qui narre la triste implication de l’homme en tant que reflet dans cette histoire de miroir.
La vie d’un homme ou d’un reflet de miroir, ce qui du point de vue des lutins de la fable est équivalent, n’est pas évidente. Pendant tout le temps où l’homme pense exister et où son reflet de miroir fait mouvoir des ombres fantastiques, il est très occupé à courir après ces formes magiques en étant très exalté ou attristé par elles. Et il n’a pas beaucoup de temps, il a peu de temps, il n’a pas le temps du tout.
Ainsi, il n’a pas le temps de regarder de la lumière, au creux de l’amour du miroir, car c’est déjà à peine s’il a le temps de lire ces quelques lignes, et quand il disparaît, il est trop tard, trop tard pour apprivoiser cette lumière, trop tard pour reconnaître que c’était la seule chose qui méritait vraiment d’être partout reconnue. Comme quand il était amoureux, mieux que quand il était amoureux, (ou amoureuse…).
Ce qui est particulièrement drôle et intriguant chez les hommes de cette contrée aux reflets chatoyants, est qu’ils réfléchissent. Ce sont des hommes-reflets. Un homme-reflet, réfléchit, réfléchit, réfléchit, et meurt finalement sans savoir quoi en penser.
Et puis un homme-reflet, cela a besoin de couleurs, de formes et de lumière extérieure pour vivre. L’homme reflet va donc au supermarché du miroir, chercher des néons, des vêtements de couleurs, noirs et blancs généralement, de la nourriture, de quoi se mettre en forme.
Et pour cela l’homme-reflet a besoin de donner quelque chose de lui-même qui puisse être reconnu par les autres hommes-reflets qui lui fournissent cela, quelque chose couleur miroir, quelque chose qui puisse être argent.
Alors évidemment avec ces éléments là, cela fait peu de temps à consacrer à ce pour quoi l’homme-reflet est là. Car l’homme reflet est là pour quelque chose. Il est là pour retrouver le miroir : le miroir perdu, oublié, ignoré, le miroir sacré où l’homme grimaçant contemple le visage d’un dieu, le miroir d’or où une ombre gisante peut se relever en une épée étincelante.
Il advient parfois que l’on fasse la grimace à ce miroir d’amour. L’ignorance et la souffrance font faire bien des grimaces et des contorsions. Et le miroir d’amour, fidèle à nous, exauce nos voeux et nous renvoie notre grimace. Car c’est nous l’amour. C’est nous qui faisons un somme, plus ou moins agité, sur l’amour que nous sommes.
Alors on se fâche, on ne veut pas se reconnaître, on balance ce livre au fond de la pièce et on fout son poing dans la gueule du miroir de l’amour pour faire bonne mesure. Et le miroir éclate. Le miroir éclate de rire, et nous renvoie, fidèle et exauçant nos voeux, mille petits visages grimaçants, fêlés de douleur.
Car c’est nous l’amour, c’est nous au plus profond de nous. C’est même nous sans nous. Nous quand nous n’y sommes pas, ou quand nous sommes ravis, raptés par l’amour, emportés, envolés, allés au ciel, souriants en nouveau né.
Nous ne sommes pas indispensables à l’amour, nous en cueillons simplement les reflets, comme autant de fleurs et de chardons offerts, pour que nous puissions y reconnaître le propre reflet de notre bouquet de sang et de chair.
La réconciliation de l’amour.
Et puis après, longtemps après, la compréhension que les gens ont d’abord besoin de mère et de maison pour s’ouvrir au toît de l’amour… et qu’on est sûrement tous un petit peu pareils, la tête parfois prête à aller dans les étoiles, les pieds parfois dans la boue et la ferraille.
De l’eau douce se verse dans le feu crépitant de l’amour ; un brasier terrible se tempère sous la cendre en braises indicibles.
Un soleil flamboyant s’emmitoufle de lune, en reflétant tranquillement les rayons bleus du ciel par un miroir chromé de miel, en agissant silencieusement sur les marées et les volumes, et les êtres peuplés du vent des dunes.
Et derrière la tempérance de la claire fontaine où l’on apprend à se baigner, s’incorpore la compréhension profonde du sable où s’inscrivent invisiblement, sous l’eau, l’empreinte de nos pieds.
Sable blanc aux pieds étoilés. Sable de verre sur la véranda de lumière. Interstice cristallin où s’ôtent les oeil de verre.
Et l’éruption arc en ciel d’un roc noir du Hoggar…
Je m’en vais de cette histoire à l’heure où des aurores boréales inespérées apparaissent près de l’épaule gauche de ma compagne, là où près de la fontaine, m’en allant promener, je suis heureux d’avoir oublier la glaciaire, et le déjeuner.
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