Alibi

janvier 18th, 2008 · No Comments

Je m’étais créé comme alibi le fait d’être trop doux

Pour vouloir vivre dans un monde de fous,

Et chemin faisant, celui d’être moi-même trop fou,

Pour vivre avec moi, avec vous, avec eux, avec nous.

Du coup il ne me reste comme alibi que la poésie,

Est-ce un crime si je rime ? 

 

Mais le crime est exact, je suis là, présent dans la tempête des temps,

Refusant toutefois d’être coerrant

Car je préfère pouvoir prendre la tangente au tournant…

 

Avec tout le tact des mes mots français d’antan,

Je suggère de simples actes, diplomatiquement:

Cultivez le feu de l’âme en infusant de lumière votre sang

Pendant que ce pays vend ses armes,

Et qu’on trafique à l’école Rimbaud,

En niant le fait de l’âme

(Et laquelle, malgré tous ses charmes,

Serait "sans défauts"?);

Devenez torche et flamme dans les charbons des temps,

Et que vos aurores silencieuses couvrent la nuit malheureuse…

 

La révolution du silence et la désertion

C’est pouvoir abattre Goliath d’une larme sur le front

Et d’une lame savoir défendre l’enfance de l’horizon:

C’est partir à jamais pour recréer à l’aube, le monde en révélation.

 

Tags: sur les poètes · Poésie engagée

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