"Prend ton grabat, lève-toi et marche." J.C
Quand les yeux auront pleuré toutes les larmes de l’arc-en-ciel,
Quand ils auront perdu le goût de leur joie rose chamarrée
Et leur profonde tristesse bleue chaque nuitée,
Quand ils seront descendus jusque dans la rage verte kaki et le rouge vermillon de la furie,
Quand ils laisseront s’écouler derrière eux leurs flaques en demi teinte de liquide gris
Et leurs corolles blanchâtres hésitantes entre la mort et la vie,
Alors ils pourront enfin voir le blanc et le noir.
Quand les oreilles auront cessé de s’inonder de miel,
Du spectre sonore qui va du klaxon à la musique,
Du bruit de son cœur, à celui de son aimé(e), mal ou bien, mais unique,
Des envies des uns faméliques, aux pensées des autres mirifiques,
Des poèmes anesthésiants d’esthétique, aux informations qui intoxiquent,
Du bruit des mots du monde au bruit des maux de l’immonde,
Jusqu’au soupir de son oreille interne dans le silence éternel,
Alors elles pourront enfin entendre leur voix.
Quand les langues auront lâché toutes leurs armes de fiel,
Qu’elles auront retourné l’amer dans leur bouche et mué,
Leur gangue de salive personnelle en onction impersonnelle
Leur poussière de matière et d’étoile, en particule animée
Par une autre parole que celle de sa propre réalité,
Alors elles pourront parler pour une première fois.
Quand le cœur aura cessé de poétiser sur l’Eternel,
Et sur les muses qui lui délivrent les mots et Sion,
Et sur l’amour, et sur le désir, et sur l’émotion,
Quand le sang qui ment du cœur aura coulé
En un flot rouge sombre de sentiment épanché,
Mais épanché sur sa propre épaule, tout en cherchant l’autre pôle,
Alors, brisant sa glace, l’âme pourra se lever du cœur au ciel
Et former, la flèche d’un véritable arc-en-ciel.
1 response so far ↓
1 admin // fév 17, 2008 at 10:08
Ce poème s’est inspiré d’un texte de Mabel Collins intitulé “la lumière sur le sentier” et que l’on peut télécharger gratuitement sur girolle.org
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